Le 24 mai 2008, une équipe
éditoriale du « Financial
Times » a
rencontré le chef spirituel et temporel du Tibet à
Nottingham en Angleterre pour une interview reproduite in extenso
en date du 25 à 18:30 dans les colonnes en ligne du grand
quotidien britannique.
A cette occasion le prix
Nobel de la Paix 1989 s’est à nouveau exprimé
sur une éventuelle invitation de la part de Pékin
à assister aux prochains Jeux olympiques dans la capitale de
l’Empire du Milieu.
« Oui,
personnellement je veux y aller » a
déclaré le hiérarque tibétain tout en
assortissant cette réponse positive à certaines
conditions.
Extraits de
l’échange à ce sujet entre le journaliste
Lionel Barber du « Financial Times » et le
dalaï-lama (
voir la vidéo):
FT: Vous attendez-vous
à vous rendre aux J.O., dalaï-lama?
DL: Oh, cela dépend
de maints facteurs. Bien sûr, personnellement je veux y aller
s’il m’arrive une invitation. Mais cela dépend
de la situation au sein du Tibet et aussi de notre dialogue. Il y a
encore deux mois. Dès lors, nous verrons.
FT: Avez-vous eu une
claire invitation de la part des Chinois à assister aux J.O.
?
DL: Bien sûr il me
faut prendre en considération tous les autres facteurs.
Savoir si ma visite peut aider le peuple tibétain au Tibet,
voilà la clef.
FT: Et dans quelles
conditions une visite de votre part aux J.O. serait-elle une aide
?
DL: A ce moment,
c’est difficile à dire. [Cela] dépend de la
Chine, du gouvernement chinois. Donc, voyons la prochaine rencontre
et le résultat qui en découlera. Alors nous pourrons
juger.
FT: Et si il y avait un ou
deux gestes, des gestes concrets, que les Chinois pourraient faire,
quels seraient-ils pour résister à votre examen
?
DL: Donc, mettre un terme
aux arrestations et à la torture au Tibet. Il faut que cela
cesse. Ensuite on doit procurer une assistance médicale
appropriée. Et le plus important, les médias
internationaux doivent être autorisées à se
rendre là-bas et à y investiguer de façon
à ce que le tableau devienne clair.
Fin des extraits de
l’interview du dalaï-lama par le « Financial
Times ». Voire aussi "Le dalaï-lama admet que
les Tibétains perdent confiance" sur Le Post par
Libre Opinion d'après L'Express et le Financial
Times.
Selon Reuters, le 15 mai 2008 à
Berlin, le dalaï-lama trouverait difficile d'aller aux J.O. de
Pékin selon des propos attribués au prix Nobel
de la Paix par la télévision allemande jeudi suite
aux déclarations d'un élu du parlement
tibétain en exil selon lesquelles les Chinois auraient
cherché à savoir si le dalaï-lama
répondrait à une invitation dans ce sens.
« Si la situation reste telle
qu'elle est maintenant et qu'il n'y a aucune amélioration,
il serait fort difficile pour moi de m'y rendre »., le
dalaï-lama a-t-il précisé à la ZDF dans
une interview lors de sa visiter de cinq jours en
Allemagne.
Selon ZDF, le dalaï-lama a
déclaré que sans les troubles de Mars dernier au
Tibet, il y aurait eu « une réelle possibilité
de voyager là-bas (Pékin) et de se réjouir en
cette grande occasion ».
Le 12 mai 2008 depuis Taipei capitale de
la province dite « rebelle » de Taiwan, l'agence
Reuters publiait une dépêche de Ralph Jennings selon
laquelle « Un haut fonctionnaire chinois avait demandé
si le dalaï-lama accepterait d'assister aux J.O. à
Pékin afin d'apaiser les récentes tensions
».
Le journaliste de Reuters citait les
déclarations d'un législateur du gouvernement
tibétain en exil , ce même jour, dans la
métropole formosane.
Selon ce membre du parlement
tibétain en exil basé à Taipei, M. Khedroob
Thondup, le prix Nobel de la Paix envisagerait de s'y
rendre.
D'après l'élu
tibétain en exil, un haut dirigeant à Pékin
l'avait appelé il y a deux semaines de cela pour le «
sonder » sur cette idée de visite olympique. Cet
élu tibétain n'a pas identifié le dirigeant en
question.
Ce geste, selon la dépêche de
Reuters, suggère que Pékin cherche à montrer
au monde qu'il peut s'entendre avec les dirigeants tibétains
suite à un rebond de l'opinion mondiale face à la
manière dont la Chine a réagi aux violences au
Tibet.
« S'ils veulent inviter Sa
Sainteté aux J.O., cela constituerait un grand changement
», Khedroob Thondup a-t-il déclaré à
l'agence de presse, et, se référant au
dalaï-lama d'ajouter: « Je suis certain qu'il
l'envisagerait ». (voir Le dalaï-lama n'envisage
pas de se rendre aux J.O. sur Le
Post par Libre Opinion).
Rappelons que c'est Rangzen et Libre
Opinion qui le 25 avril 2008 avaient lancé un appel en
faveur de l'invitation du dalaï-lama aux J.O. par
Pékin, notamment sur Le Post
("Que Pékin
invite le dalaï-lama aux J.O.")
Voici les extraits les plus significatifs
de cet appel :
Comme le dalaï-lama est favorable aux
J.O. de Pékin et hostile à leur boycottage, pourquoi,
dans un geste politique de main tendue, Pékin
n'inviterait-il pas le prix Nobel de la Paix 1989 à assister
aux cérémonies d'ouverture le 8 août prochain
?
Quel meilleur moyen de décrisper
les tensions ! Le dalaï-lama en vertu de ses positions ne
saurait refuser. Les Nations n'auraient plus aucune raison de
boycotter les cérémonies olympiques ; les
athlètes non plus. L'idéal olympique s'en verrait
grandement exalté. Le CIO retrouverait la face. La
communauté internationale et tous les Chinois pourraient
vivre ce grand événement mondial, si important pour
la Chine, dans la liesse.
Comme les J.O. se déroulent en
dehors de toute perspective politique ou partisane, aucune prise de
position politique n'aurait lieu publiquement de la part d'aucune
des parties. Le dalaï-lama pourrait, comme l'a donc
déjà fait maintes fois, se féliciter de la
tenue des J.O. dans la capitale de l'Empire du Milieu. Et
Pékin de lui répondre que la Chine se félicite
de son soutien. Et vive le sport !
En cette occasion solennelle, une photo de
famille pourrait être faite en présence de tous les
délégués de toutes les Nations. Vive le sport,
vivent les Jeux olympiques.
Des contacts discrets entre
Tibétains et Chinois pourraient jeter les bases d'entretiens
futurs plus politiques. Sans engagement formel.
Ce serait un premier grand pas vers une
réconciliation et un réel dialogue. La Chine
apporterait la preuve de la sincérité de ses
engagements.
Bien entendu, un second grand pas dans ces
relations préliminaires placées sous le signe du bon
vouloir, serait de permettre au dalaï-lama de se rendre
à Lhassa et de visiter librement le Tibet. Quelle
acclamation dans le monde entier !
Là aussi, il n'y aurait aucune
intervention politique publique. Pas de discussions officielles sur
une « autonomie » élargie. Et il serait
étonnant que les Tibétains en vinssent à
saccager les boutiques chinoises en présence de leur chef
spirituel bien-aimé qui pourrait vanter les bienfaits de la
non-violence pour la paix sociale partout sur la
planète.
Des équipes de journalistes du
monde entier pourraient suivre ce voyage, disons-le bien,
extraordinaire et montrer combien le Tibet se développe et
combien les Tibétains y sont heureux, épanouis,
prospères.
Dans le cadre des conversations entre
émissaires tibétains et représentants chinois,
des fondations privées pourraient apporter leurs bons
offices. Sur le thème du développement durable, de la
paix sociale, du bien-être public. De la
bienfaisance.
En fait, le dialogue n'est rompu,
officiellement, entre la Chine et le Tibet que depuis moins d'un
an, lit-on dans le journal Le Monde ce soir. Dixit le quotidien du
soir, depuis Dharamsala en Inde, les Tibétains
négocient depuis 2002 avec des responsables chinois. Les
derniers entretiens directs et officiels remontent à
juin-juillet 2007. Les canaux ont été rouverts suite
aux émeutes déclenchées au Tibet à
partir du 10 mars dernier. très bien. Où cela
bloque-t-il encore ? De toute évidence, ce qui manque le
plus aux deux parties, c'est un bon conseil en communication. Des
décennies durant, le « dialogue » s'est
résumé à un dialogue de sourd. Et il n'est
pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
"On voit mal en quoi vont consister les
négociations", s'exclame Bruno Philip dans Le Monde. Certes,
les pires invectives ont fusé du côté de
Pékin et le dalaï-lama, du sien, n'a cessé de
dénoncer le « génocide culturel » dont
serait victime son peuple.
Mais que Pékin invite le
dalaï-lama aux J.O. et organise son retour au Tibet. La
sincérité de la Chine frappera l'opinion mondiale qui
reconnaîtra, unanime, que, oui, la Chine méritait les
J.O. La glace se rompra d'elle-même. Et après le
dégel, devant l'approbation de la Communauté
internationale emportée par l'élan olympique, les
conversations s'étofferont d'elles-mêmes. L'Union
européenne, par exemple, pourrait y insuffler un
supplément d'enthousiasme.
Nicolas Sarkozy est-il prêt à
appuyer une telle initiative à quatre mois des J.O. ?
L'Union européenne sera-t-elle disposée à le
suivre sur ce chemin du dialogue et de la réconciliation
?
Nicolas Sarkozy sera bientôt
président de l'Union. Les cartes sont entre ses mains. Que
notre Bling-bling national dépêche Thierry Saussez,
son conseil en communication. L'homme, rompu au jeu politique, aura
peut-être moins de mal avec les Tibétains et les
Chinois qu'avec les éléphants de l'UMP, d'un
côté, et, de l'autre, les jeunes loups (sans robe de
moine) du gouvernement de François Fillon !
Rangzen avec Libre
Opinion.